♦ Elevage
L’élevage le plus courant en milieu rural est de type extensif à semi-extensif. L’effectif du cheptel national, estimé à plus de 7 millions d’UBT[2] en 2002, est composé de bovins, ovins, caprins, camelins, équins et asins.
L’alimentation de base du cheptel provient essentiellement de l’exploitation des parcours naturels et reste tributaire de la pluviométrie. La baisse progressive de la valeur nutritive des pâturages en saison sèche entraîne des carences alimentaires. Beaucoup de troupeaux migrent alors vers les zones agricoles, situées plus au sud. Réciproquement, la zone pastorale constitue le refuge du cheptel de la zone agricole, pendant l’hivernage. L’augmentation du cheptel conduit progressivement à des contraintes d’accès au fourrage et donc une compétition accrue entre éleveurs, d’une part, et agriculteurs et éleveurs, d’autre part..
Le problème d’alimentation en eau du cheptel se pose avec acuité, en raison du faible maillage et de l’insuffisance des points d’eau, des difficultés d’exhaure dans les zones où le niveau de captage des aquifères est trop profond (plus de 60 m), de l’abaissement des nappes phréatiques et de la faible prise en charge de l’entretien des ouvrages réalisés. La santé animale est un sujet de préoccupation, malgré l’amorce de la privatisation de la profession vétérinaire.
D’autres activités d’élevage peuvent constituer des sources de revenus complémentaires non négligeable pour les ménages ruraux : aviculture, élevage non conventionnel, apiculture, etc.
Le Niger dispose de ressources halieutiques appréciables dans les nombreux plans d'eau du pays (40 000 ha) : fleuve Niger et affluents, Lac Tchad, Komadougou Yobé, mares naturelles et retenues d'eau artificielles. Le potentiel halieutique dépend en grande partie des conditions hydrologiques (crue, inondation) et de l’équilibre des écosystèmes. La faible prise en compte de la pêche dans les documents de stratégies nationales et l’absence de prise en compte de l’aquaculture et des pêcheries amplifiées dans le code de la pêche ont contribué à rendre précaire les conditions de vie des communautés de pêcheurs ; ce qui accroît la pression sur la ressource. En effet, la production halieutique nationale concerne plus de dix mille (10 000) pêcheurs et ce chiffre augmentera avec le développement progressif des pêcheries amplifiées et la structuration de la filière.
♦ Productions forestières
Les superficies forestières représentent environ 16% de la superficie du pays et fournissent environ 87% des besoins énergétiques nationaux. Elles sont essentiellement constituées de formations naturelles clairsemées et ont une productivité primaire comprise entre 0,3 et 1 tonne de matière sèche par hectare.
La faune et la flore des espaces forestiers, exploitées selon des pratiques traditionnelles, constituent des sources de revenus monétaires d’appoint pour les populations rurales et jouent un rôle très important dans l'alimentation humaine, notamment en période de disette, comme complément alimentaire. Elles sont également le principal pourvoyeur des produits de la pharmacopée traditionnelle. Tous ces produits font l’objet d’échanges croissants en milieu rural et dans les centres urbains.
La filière de la gomme arabique se développe tout particulièrement, avec une production estimée entre 2 000 et 4 000 tonnes par an, notamment grâce aux plantations privées et communautaires.
♦ Activités rurales non agricoles
Les activités rurales non-agricoles constituent des sources significatives de revenu, car elles contribuent pour 4% au PIB agricole. Il s’agit notamment de l’artisanat, de la transformation des produits agro-sylvo-pastoraux, de la fabrication du matériel agricole et ménager, de la construction, de la restauration, du petit commerce, de l’exploitation artisanale des ressources minières, mais aussi des migrations saisonnières temporaires vers les centres urbains du pays ou de la sous-région. Beaucoup de ces activités font partie de l’économie des filières agro-sylvo-pastorales.
Ces activités sont une dimension importante des stratégies de diversification des revenus, constituant pour les ménages des « filets de sécurité », face à la variabilité de la production agro-sylvo-pastorale. Elles représentent des gisements d’emploi importants en zone rurale pour les années à venir.
♦ Des structures de production essentiellement familiales
Les unités de production sont définies par l’existence d’un domaine dans lequel une unité familiale plus ou moins élargie exploite en commun certaines terres sous l’autorité d’un chef d’exploitation. Des sous-unités sont gérées par des groupes d’individus tels que les ménages, les femmes, les jeunes hommes et représentent des unités de consommation. La partie exploitée en commun assure la couverture de besoins matériels et sociaux de l’ensemble de l’exploitation. Le chef d’exploitation joue un rôle principal dans la gestion des produits de l’exploitation. Cette concentration du pouvoir économique est un élément de gestion du risque à travers la constitution de mécanismes de solidarité mais elle peut être vécue comme un frein à l’émancipation et au développement des éléments les plus dynamiques des familles.
Le revenu monétaire moyen par ménage d’exploitant ne dépasse pas 35.000 FCFA. Ces revenus modiques ne permettent pas de financer les facteurs de production et l’investissement.
Une des caractéristiques des systèmes de production est la complexité des relations qu’ils nouent entre eux de manière à tirer parti des complémentarités entre l’agriculture et l’élevage. Traditionnellement, beaucoup de troupeaux migraient des zones pastorales vers les zones agricoles en saison sèche pour profiter des résidus agricoles et participer à la fertilisation des terres à ensemencer. Aujourd’hui, cette synergie tend à disparaître du fait du développement des activités d’élevage au Sud et la progression des terres de culture au dépend des espaces pâturables (jachères et enclaves pastorales).
[1] Données projet intrants FAO
[2] Unité Bétail Tropical