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Systèmes agraires
 
 
 

 
►Des systèmes agraires présentant un potentiel d'intensification
 
L’économie des zones rurales varie beaucoup d’une zone à l’autre en fonction du contexte physique, climatique ou économique. Cette variabilité peut être décrite à travers les différents systèmes agraires, définis comme une combinaison d’activités agro-sylvo-pastorales, caractéristique d’un mode de gestion du milieu, dans une unité agro-écologique donnée. Ces différents systèmes, représentés sur la figure suivante, ont des potentialités très différentes.
 
♦ Système pastoral du nord
Ce système s’étend sur toute la zone nord-sahélienne du pays comprenant ainsi une partie de la région d’Agadez, la majeure partie de la région de Diffa, la moitié nord des régions de Tahoua et Zinder et une frange importante au nord des régions de Maradi et Tillabéri.
L’atout principal de ce système est d’être le seul à pouvoir exploiter cet immense espace faiblement productif par la mobilité des troupeaux. La production fourragère globale de cette zone laisse encore une certaine marge de manœuvre en terme d’accroissement de la charge en animaux, en particulier de l’élevage camelin. Mais la gestion rigoureuse des pâturages, couplée avec l’implantation judicieuse de points d’eau, constitue une condition pour son développement.
 
♦ Le système de la zone de transition (zone du front des cultures)
Ce système fait la jonction entre la zone pastorale et la zone agricole. Il correspond à la partie sud de la zone pastorale qui a été progressivement gagnée par les cultures du fait du croît démographique. Son développement a entraîné une régression des espaces de pâturages et les terres défrichées se sont avérées peu productives et se sont même rapidement dégradées, accroissant ainsi la désertification.
Cet étage agro-écologique constitue une marge de sécurité importante pour les systèmes pastoraux. La valorisation de cette zone pourrait être améliorée en confortant sa vocation pastorale, particulièrement dans une perspective d’intensification du système pastoral (ranching) et de diminution progressive des mécanismes de transhumance vers le sud.
 
♦ Les systèmes de la zone d'agriculture pluviale
 
- Le système dunaire
Ce système est localisé dans les parties nord des régions de Tillabéri, Dosso, centre ouest de Tahoua et dans les plaines sud-ouest de la région de Diffa. En fait, ce système se distingue peu de celui de la zone de transition. L’élevage y est moins important et la pluviométrie un peu plus élevée (supérieure à 400 mm). On y rencontre un système agro-pastoral de type extensif où la monoculture du mil est encore prépondérante mais avec de faibles rendements. La production céréalière est en général inférieure aux besoins des familles. Suite à la croissance démographique, la réduction des jachères est très rapide et les terres de culture s’appauvrissent. L’ensemble du système agraire est fragilisé : les terres sont sensibles à l’érosion éolienne et les mares et cuvettes tendent à s’ensabler.
Ce système peut évoluer vers une meilleure gestion de la fertilité, à travers une intensification-diversification du système de culture associant beaucoup plus les légumineuses (niébé), le développement d’un élevage plus important et l’agroforesterie.
 
- Le système des plaines de l'est
C'est un système agropastoral semi-intensif essentiellement localisé dans la région de Maradi et une large bande sud de la région de Zinder. Il représente en moyenne plus de la moitié de la production céréalière nationale.
L’atout de ce système réside dans une intensification déjà bien entamée au niveau des cultures pluviales du fait de la disparition progressive des jachères. Les exploitants se sont beaucoup investis dans des systèmes de cultures associées, notamment entre les céréales et le niébé. L’emploi de la traction animale (bovine et asine) y est assez répandu ainsi que l’utilisation des engrais. L’association agriculture – élevage est bien entamée et l’embouche bovine et ovine sont très répandues.
Ce système très dynamique présente encore des marges d’intensification notables, particulièrement par l’intensification des systèmes d’élevage (embouche notamment), celui-ci étant encore trop perçu comme une forme d’épargne.
 
- Le système des plateaux de l'ouest
C'est le système du sud-ouest de la région de Tillabéri et de la majeure partie de la région de Dosso. Il s’agit d’un système agropastoral où l’exploitation des espèces ligneuses est plus développée qu’ailleurs : rôniers et palmiers doum, dans les bas-fonds ou les dallols, bois de chauffe à partir des formations végétales des plateaux. Les bas-fonds sont également de plus en plus utilisés pour des cultures maraîchères.
L’atout majeur de ce système agro-sylvo-pastoral réside dans un bon équilibre de l’agriculture et de l’élevage au niveau des exploitations. Cela est dû au fait que cet ensemble géographique est en grande partie habité par des éleveurs sédentarisés qui ont associé l’agriculture à leur élevage depuis plusieurs générations. Un autre atout à prendre en compte est le début d’une gestion plus raisonnée par les communautés rurales des formations ligneuses et de certaines forêts classées.
La contrainte majeure réside dans la question foncière avec la croissance démographique qui accentue la pression sur les terres. A terme une intensification du système sera obligatoire tant au niveau des cultures (intrants notamment) que de l’élevage (stockage du fourrage).
 
♦ Systèmes d'agriculture irriguée et d'oasis
 
- Les systèmes de vallée
Il s’agit de systèmes de production agricole semi intensifs basés sur une irrigation de contre saison. Ils sont présents en plusieurs points du territoire et on distingue les systèmes des vallées fossiles (dallols), des goulbis (Maradi et Zinder), des vallées de la Maggia et de la Tarka qui se différencient des systèmes fluviaux de la Komadougou, du lac Tchad et de la zone non aménagée du fleuve.
Ces systèmes présentent de nombreux atouts : une bonne intensification avec au moins deux campagnes par an sur une même parcelle, alliée généralement à des rendements élevés ; une forte diversification de la production : céréales (blé, maïs), tubercules (manioc, pomme de terre, patate douce), légumes variés et fruits ; une bonne maîtrise de la technologie avec la diffusion des moyens d’exhaure motorisés ; un apport de revenus parfois très importants pour les exploitants en plus de leur autosuffisance alimentaire ; une rentabilité des investissements assurée au niveau des paysans.
La contrainte majeure de ce système réside dans l’irrégularité du régime des eaux, qui réduit le nombre de cycles de culture. En outre, le problème de la conservation des produits périssables reste toujours crucial, notamment pour l’oignon. Enfin ce système très productif, probablement le plus performant du Niger, peut difficilement être étendu aux autres parties du pays où l’accès à l’eau n’est pas aussi facile.
 
- Le système de production oasien
Ce système se rencontre dans les oasis de la région d’Agadez et les cuvettes de la région de Maïné Soroa. Son atout principal réside dans une diversification des productions des exploitants  : la production de céréales, de légumes, de fruits et de fourrage permet une bonne association agriculture/élevage (petits ruminants) et l’utilisation d’animaux de trait pour l’exhaure de l’eau. Ce système, non soumis aux aléas pluviométriques, garantit la sécurité alimentaire des ménages par l’autoconsommation et permet en plus la fourniture d’une alimentation de qualité aux populations du fait de la variété de sa production végétale et animale.
Les contraintes de ce système sont le risque d’ensablement des oasis et leur enclavement qui rend difficile l’accès des produits aux marchés.
 
- Le système des aménagements hydro-agricoles
Les aménagements hydro-agricoles ont été réalisés dans plusieurs régions, mais l’essentiel des surfaces aménagées se situent dans la vallée du fleuve Niger. Le système de production qui y est pratiqué est intensif avec maîtrise totale de l’eau. Ce système est essentiellement rizicole dans la vallée du fleuve. Les autres aménagements se sont orientés vers des productions plus diversifiées (sorgho, blé, maraîchage, coton).
L’atout principal se trouve dans le potentiel d’intensification et de sécurisation des productions. Cependant, les difficultés de recouvrement des redevances handicapent l’entretien de l’outil de production qui se détériore. Les difficultés d’écoulement des produits constituent, dans certains cas, une contrainte supplémentaire à la pérennité de ces systèmes.
 
♦ Les autres systèmes
 
- Les systèmes périurbains
Les centres urbains ont une population qui ne cesse de croître entraînant des besoins importants notamment en produits d’élevage (lait et volaille), maraîchers et en fruits. Profitant de cette demande croissante, il se développe, en périphérie des villes, des activités spécifiques : élevage de volaille, de petits ruminants et de bovins, arboriculture, maraîchage, souvent combinés avec des productions vivrières. Ces systèmes profitent de circuits courts de commercialisation et disposent donc de capacités d’intensification assez fortes. Ils sont en revanche rendus vulnérables par la pression foncière et le lotissement progressif de terres agricoles.
 
- Les réserves naturelles
Le Niger se place parmi les pays d’Afrique de l'Ouest ayant encore une importante faune sauvage. De nombreuses aires sont protégées pour sauvegarder cette biodiversité, totalisant plus de 80 000 km². Deux de ces zones sont classées « réserves de biosphères » :
• Le Parc national du W du Niger abrite environ 80% de la diversité biologique du pays et constitue de ce fait l’un des derniers refuges de la flore et de la faune. Il a été d’ailleurs classé patrimoine mondial et réserve de biosphère. On y retrouve plusieurs espèces animales et végétales dans un domaine de savane arborée et arbustive de type soudanien sur des sols ferrugineux tropicaux.
• La Réserve naturelle de l’Aïr et du Ténéré constitue un refuge pour la faune de montagne et la faune saharienne.
La gestion de ces espaces intègre de plus en plus les zones périphériques, pour impliquer les populations dans la conservation et l’exploitation rationnelle de ces écosystèmes favorables au développement de l’écotourisme.
 
 

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