
►Une pauvreté rurale massive et multiforme
♦ Le défi de la croissance démographique
Le Niger connaît une des plus fortes croissances démographiques de l’Afrique de l’Ouest (3,1%) avec une moyenne de 7 enfants par femme. La population totale devrait doubler dans les 20 prochaines années (voir tableau 1). En zone rurale, le fort taux d’accroissement naturel devrait se traduire par un important exode vers les villes. Toutefois, la population rurale devrait s’accroître à un rythme soutenu et augmenter de près de 45% d’ici 2015. Les ruraux représenteront encore alors plus de 70% de la population.
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Années
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Population totale
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population rurale
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2001
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10 790 352
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9 041 157
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2005
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12 986 000
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9 973 000
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2010
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15 550 000
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11 491 000
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2015
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18 482 000
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13 104 000
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Evolution de la population 2001 – 2020[1]
La croissance des productions céréalières (2,5% par an) est en inadéquation flagrante avec la croissance démographique élevée. Celle-ci a engendré la forte extension des terres de cultures et la fragilisation de l’écosystème et de l’environnement en général. La productivité agricole actuelle ne permet pas la satisfaction à moyen et long terme des besoins alimentaires, sans cesse croissants, de la population.
♦ La faible valorisation du capital humain
La population du Niger présente un profil dominé par une proportion importante de jeunes (environ 45% a moins de 20 ans), du fait de la croissance démographique très élevée. Or le taux de scolarisation primaire est très faible : 32% en zone rurale en 2001 contre 37,3% à l’échelle nationale. Pourtant, l’éducation de base est un facteur important de l’amélioration des productions. Cette corrélation peut être observée sur la santé et l’hygiène lorsque les jeunes filles ont été scolarisées ou alphabétisées.
L’état de santé des populations rurales est très précaire. Le taux de mortalité infanto-juvénile (0-5 ans) est de 293‰ en milieu rural[2]. La prévalence de la malnutrition infantile est important : 41% des enfants en milieu rural souffrent d’un retard de croissance ou d’insuffisance pondérale, ce chiffre atteint 49% dans la région de Diffa[3]. La mortalité maternelle est parmi la plus élevée du monde (700 décès pour 100 000 naissances vivantes). Cette situation est liée à l’insuffisance de la couverture des services de santé, particulièrement en milieu rural.
Le VIH/SIDA se propage progressivement. Le taux de prévalence, difficile à mesurer, est estimé à environ 4% dans la SRP. Les femmes et les jeunes sont les plus touchés
♦ La pauvreté monétaire
Le profil de la pauvreté réalisé en 2001 a montré que la pauvreté est essentiellement rurale. Le seuil de pauvreté monétaire a été fixé en zone rurale à 50 000 FCFA par personne et par an (75 000 FCFA en ville) et le seuil d’extrême pauvreté à 35 000 FCFA (50 000 FCFA en ville). Sur ce point, la situation actuelle n’est guère reluisante en milieu rural : 66% des ruraux sont pauvres et 36% extrêmement pauvres. En outre 86% des pauvres du Niger vivent dans les zones rurales.
Cette pauvreté est fortement dépendante du genre : les femmes chefs de ménages sont les plus pauvres en milieu rural.
[1] Sources : Recensement général de la population pour l’année 2001; Nations Unies 2000 pour les projections 2005 – 2020
[2] MICS 2000, taux de 168‰ en milieu urbain
[3] MICS 2000, taux de 40% à l’échelle nationale
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