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La dégradation des ressources naturelles
En effet, la dégradation des ressources naturelles est une réalité. Avec le constat de l’ensablement, du déboisement, des feux de brousse, des mauvaises pratiques d’exploitation des ressources à tous les niveaux, de la dégradation de cours et plans d’eau on peut admettre que tout effort d’intensification des productions agro–sylvo–pastorales sera forcément lié à la préservation soutenue des ressources naturelles dans la région.
Une insécurité alimentaire chronique
Les conditions de vie des ménages ruraux de la région sont difficiles et leur amélioration n’est possible que par le développement d’une production locale capable d’assurer la sécurité alimentaire et dégager un surplus de production commercialisable. Malheureusement, la région est en proie à une insécurité alimentaire chronique malgré son énorme potentiel agricole. Son agriculture ne produit que la moitié des besoins alimentaires des populations à cause des handicaps ci-après :
- le manque de semences améliorées,
- le faible niveau de mécanisation,
- l’ensablement et la dégradation des terres,
- les enemis de cultures,
- l’insuffisance des intrants et équipements agricoles,
- le faible développement de l’arboriculture et de l’agro industrie,
- le mauvais circuit de commercialisation et l’insuffisance de crédit agricole.
Tout ceci permet d’affirmer que le développement de l’agriculture irriguée et le soutien conséquent aux cultures pluviales et de décrue constituent la seule issue de sécurité alimentaire et d’accroissement de la commercialisation agricole.
Un capital animal productif non sécurisé
La présence d’affections animales contagieuses est un risque important d’où la nécessité d’accroître la couverture sanitaire du cheptel. La sauvegarde du capital productif régional adapté aux conditions locales nécessite la présence de noyaux référentiels, d’où l’urgence des actions d’exploitation génétique du cheptel et des variétés végétales locales de la région.
Une faible structuration des filières
Aussi, malgré l’existence des opportunités commerciales réelles et le bon niveau des échanges transfrontaliers, la dynamique des filières agropastorales reste faible. Les activités sont quasi informelles et se déroulent dans un cadre traditionnel y compris dans les grandes filières exportatrices de la région (poivron, poisson, bétail viande, cuirs et peaux, gomme arabique). Le développement des filières dans la région suppose nécessairement l’amélioration des modes d’intervention des acteurs, la promotion d’unités formelles de commercialisation et de transformation, ainsi que des actions de formation, d’information et de sensibilisation des acteurs locaux.
Un faible niveau d’investissement
Les investissements privés locaux sont quasi nulles dans le secteur aussi bien pour les activités de production que dans celles de la transformation malgré les faveurs du code d’investissement. Ainsi, la formation, l’information et la sensibilisation des opérateurs privés locaux pour investir dans le secteur doivent s’accompagner de la création d’un environnement économique stable et des conditions de véritable concurrence. De même, la recherche d’investisseurs extérieurs à travers des projets d’investissement bien étudiés axés sur la production et la mise en place de l’agro industrie est une possibilité.
Des organisations paysannes encore faiblement structurées
La nécessité d’un renforcement des capacités des producteurs et le renforcement de leur place dans les filières demeurent des préoccupations majeures. En effet, malgré l’existence d’une chambre régionale d’agriculture et la présence de quelques structures faîtières représentatives des producteurs, le rapport de force entre les producteurs et les autres opérateurs n’a pas connu d’amélioration significative. Pour répondre à cet idéal les structures faîtières doivent se créer autour des fonctions bien précises des filières afin de servir de contrepoids dans des marchés libres et ouverts. Le renforcement de la chambre régionale d’agriculture doit donner la priorité au recrutement des ressources humaines.
Une offre de services insuffisante
La fourniture des biens et des services publics pour le développement économique et social est très faible dans la région. La région est très enclavée et le déséquilibre reste assez net entre ses différentes parties. Dans le secteur rural, on note un quasi abandon de l’état sur la santé animale, un approvisionnement insuffisant en intrant de production, un maillage inadéquat en points d’eau, un encadrement technique insuffisant et essentiellement concentré au sud de la région, une faiblesse des activités de recherche développement sur les espèces animales et végétales locales, etc. L’élaboration des schémas d’aménagement régional est une nécessité de même que le désenclavement interne de la région.
Un faible niveau de coordination des interventions
Enfin, les investissements dans le secteur rural s’exécutent à travers des projets dont la mise en œuvre échappe aux autorités et aux services publics étatiques. La coordination est difficile du fait d’insuffisance d’outils et de manque de moyens. Ainsi, la mise en œuvre des investissements suivant l’approche programme retenue dans le cadre de la SDR doit aider dans l’amélioration de l’efficacité de l’action publique pour renforcer l’impact des investissements réalisés. A cet effet, un réel effort de renforcement de capacité des services étatiques de la région est nécessaire.
Sur la base de l’analyse ci-dessus, on peut aisément admettre que le développement rural dans la région de Diffa nécessite des interventions concrètes au plan institutionnel, technique, économique, financier et organisationnel. |