Le diagnostic montre que le développement rural de la région de Dosso soulève des défis importants sur plusieurs aspects de la situation régionale. En effet les principaux constats sont les suivants :
- la région subit une dégradation accélérée de ses ressources naturelles ;
- les conditions de vie des ménages sont difficiles ;
- l’insécurité alimentaire est endémique dans certaines zones de la région ;
- la dynamique des filières agropastorales reste faible ;
- les investissements privés locaux sont quasi nulles dans le secteur aussi bien pour les activités de production que dans celles de la transformation malgré les faveurs du code d’investissement ;
- la fourniture des biens et des services publics pour le développement économique et social est très faible dans la région ;
- La productivité de certains systèmes de production de la région est faible (système dunaire et système des plateaux).
Sur la base de l’analyse ci-dessus, on peut aisément admettre que le développement rural dans la région de Dosso nécessite des interventions concrètes au plan institutionnel, technique, économique, financier et organisationnel.
Planification et aménagement du territoire
L'analyse a montré les conséquences d'une insuffisance de planification dans une région densément peuplée comme Dosso. Ainsi, le renforcement du cadre institutionnel régional par l’établissement des outils et instruments de bonne gestion du développement régional demeure une priorité; les activités prioritaires à soutenir pour y remédier sont les suivantes :
- La réalisation des schémas d’aménagement de territoire (régional et départementaux)
- Appui aux structures du Code rural pour l'élaboration du Schéma d'aménagement foncier et en matière de prévention des conflits,
- Appui aux communes en matière de programmation et de Maîtrise d'ouvrage,
- Désenclavement de certaines zones de production.
La préservation et la restauration des ressources
Les activités à mener dans le domaine de l'environnement sont étroitement liées à celles de l'élaboration du SAF qui doit prévoir les espaces réservés aux formations forestières.
En dehors de cela sont à appuyer prioritairement les activités relatives à l'agro-foresterie (pépinières) et aux travaux de CES/DRS sur les sites érosifs. L'empoissonnement des mares est aussi une activité à appuyer.
L'Hydraulique et l'assainissement
Malgré le taux de satisfaction des besoins en eau relativement satisfaisant dans la région de Dosso par rapport au reste du pays, de nombreux villages ne disposent pas de points d'eau moderne. L'effort pour réaliser, suivant les cas, des puits ciments, des forages ou des mini-AEP doit être poursuivi prioritairement.
En matière d'assainissement, l'effort devrait prioritairement porter sur les lieux publics (marché, gare routière, mairie,..) pour l'évacuation des eaux, le traitement des déchets et la construction et la gestion de latrines).
L'intensification des cultures
Les mesures prioritaires à financer sont relatives à l'intensification des cultures pluviales et la valorisation du potentiel de terres irrigables :
- Création et appui aux boutiques d’Intrants agricoles et formation de brigadiers phyto-sanitaires,
- Facilitation du crédit pour les intrants et équipements d'exploitation,
- Développement de certaines filières porteuses : arachide, niébé, maraîchage de saison pluvieuse sur les sites irrigués des dallols, arboriculture (production, transformation, commercialisation),
- Appui à la mise un place d'un dispositif d'appui-conseil aux producteurs cohérent et efficient,
- Appui aux OP : vie associative/gestion, alphabétisation, activités économiques, services apportés aux membres,
- Aménagements hydro-agricoles : petits sites de culture (puits, forage, réseau de distribution) dans un premier temps, périmètres rizicoles dans un second temps (après maîtrise de la production sur les périmètres existants et règlement des aspects fonciers).
Amélioration de la productivité du cheptel
Les activités prioritaires à mener sont relatives à la gestion pastorale, à l'amélioration de la santé animale et à l'intensification de certaines filières :
- Réalisation d’une carte épidémiologique de la Région
- Appui à l'installation de vétérinaires privés
- Appui aux campagnes de vaccinations classiques et aux soins préventifs ciblés (veaux au sevrage, aviculture, animaux à l'embouche).
- Appui à la filière viande : aménagement/équipement de marchés à bétail, abattoirs et/ou aires d'abattage/séchage, équipements des bouchers (magasin, chambre froide,..)
- Appui à la filière lait : organisation de la collecte, mini-laiterie, qualité,…
- Appui à la gestion pastorale : respects des règles de gestion des aménagements déjà réalisés (aires de pâturage, couloir de passage, puits pastoraux) ; poursuite des aménagements suivant les orientations du SAF.
- Appui aux structures représentant les éleveurs
Le développement des filières Agro-sylvo-pastorales
Les principales filières exportatrices de la région sont la filière fruitière, la filière poisson, la filière bétail viande, la filière cuirs et peaux, la filière gomme arabique, la filière sésame, la filière Niébé Arachide, la filière culture maraîchère, la filière miel, etc….
La dynamique régionale se doit de trouver les voies et moyens pour développer et rentabiliser l’ensemble des filières Agro Sylvo Pastorales, gage d’une relance économique durable.
Les activités sont quasi informelles et se déroulent suivant un système traditionnel. Les producteurs ont des faibles surfaces financières et le secteur manque de structures de soutien financier à la hauteur de ses besoins. Les investissements des opérateurs privés locaux est quasi nulle dans le secteur. Le développement des filières dans la région passera nécessairement par l’amélioration des modes d’intervention des acteurs ; ce qui suppose la promotion des unités formelles de commercialisation et de transformation.
Les principaux problèmes de ces filières sont d’ordre organisationnel, technique et financier. Pour y faire face, il faut améliorer les conditions d’investissement dans chaque filière à travers une stratégie.
Le désenclavement intérieur de la région
Le manque de piste de déserte à l’intérieur de la région réduit l’efficacité des activités économiques et des services publics.
La dynamisation des organisations des producteurs
L’existence d’une chambre régionale d’agriculture, qui elle-même manque crucialement des moyens de fonctionnement, casée à la Préfecture de Dosso, est déjà bien. Mais cette structure se doit de se battre pour trouver des partenaires sérieux, afin de pouvoir jouer pleinement son rôle d’organe creuset des activités des organisations paysannes.
On constate en effet que malgré le nombre assez important d’OP de base que compte la région de Dosso et dont certaines exercent il y a plus de cinq (5) ans, l’impact positif sur la situation des producteurs adhérents est difficilement perceptible .
Par conséquent, la CRA se doit tout mettre en œuvre pour garantir la synergie entre les organisations paysannes, afin que celles-ci lui servent des tentacules de croissance et de développement.
Le renforcement des capacités des acteurs du développement régional
La dynamisation des ONG, AD et OP à travers des structures fonctionnelles est d’un grand intérêt pour le développement régional.
La qualité de la participation des acteurs à la mise en œuvre du PAR de la SDR dans la région de Dosso sera fonction de l’effort de renforcement de leur capacité d’intervention.
La sécurité alimentaire
Les bilans céréaliers de la région de Dosso ont toujours été globalement excédentaires. Cependant du fait des disparités entre départements et entre zones d’un même département, l’insécurité alimentaire n’épargne pas la région.
Dans ce contexte, les actions suivantes sont à mettre en œuvre pour assurer la sécurité alimentaire des populations :
- Le développement de l’agriculture irriguée, pluviale et de décrue constituent l’issue de sécurité alimentaire régionale. Dans ce contexte cela suppose des actions sur :
- l’amélioration des semences, la mécanisation, la protection des cultures,
- la récupération des terres dégradées et la gestion intégrée des ressources en eau et terre,
- l’amélioration des conditions d’approvisionnement en intrants et équipements, d’accès aux crédits, de conservation et de transformation des produits,
- la diversification des productions en particulier la promotion de l’arboriculture fruitière,
- l’élaboration d’un plan régional intégré d’aide d’urgence aux victimes des calamités et catastrophes naturelles
- la promotion des cultures contre-aléatoires
- le renforcement des capacités des acteurs